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Galerie Harmattan
40, rue Saint Jean 74120 Megève FRANCE
Tel. +33 (0)6 67 01 93 81


"La réponse va vous paraitre saugrenue, mais c‘est par pur pragmatisme : cela « m’emmerde » de nettoyer les pinceaux. Le couteau sale redevient propre avec une simple feuille de papier ménage. Plus tard, j’ai pris conscience que le hasard n’était pas intervenu dans le choix de cet instrument. Point de hasard dans la vie, on épouse ses choix, ses décisions. Le couteau, c’est la vitesse. Je n’aime pas attendre, je suis un impatient : tout, et si possible tout de suite. Le couteau s’imposait, il ne pouvait en être autrement. C’est un choix judicieux, qui ne laisse pas de place au doute. Je peins vite, le couteau est comme le prolongement de ma main.

Fixer la toile vierge un bref moment, puis vite la recouvrir, poser les ombres et les lumières, les contrastes ; ne pas s’arrêter ; que le geste ne meurt pas. D’une main je dévisse un tube, de l’autre je me laisse guider par mon couteau. En quelques minutes la toile est recouverte de peinture, de manière difficilement compréhensible pour autrui, puis je rajoute de la matière, la pâte s’épaissit. La toile prend vie progressivement, rapidement. Je hurle mon impatience sur un geste de doute, le couteau s’échappe de ma main, il tâche le carrelage mais je n’arrête pas. Un autre couteau m’attend, les couleurs sur la palette aussi, la trace sur le sol en fera de même."


Daniel CASTAN


« Je ne suis pas un peintre d’introspection. Je ne réfléchis pas avant sa réalisation. Je crois qu’il est important de maitriser la technique avant de prétendre dire des choses. J’ai la conviction profonde que par le truchement du travail, je me dirigerai inéluctablement vers un monde plus personnel. Néanmoins, il me semble nécessaire de travailler tous les jours ma peinture, de me familiariser avec le maniement des outils, d’apprendre à dompter les nuances qu‘autorisent les couleurs sur la palette, et un jour prochain exprimer une peinture sans doute plus profonde. Un petit enfant a du mal à s’exprimer, à traduire avec des mots ce qu’il ressent au fond de lui, ce qu’il aimerait faire partager à sa mère et a son père, tout simplement parce qu’il lui manque la maitrise du langage

En peinture, je me sens encore comme ce petit enfant. »


Cette dernière toile de l’artiste Daniel Castan, offre une vision éthérée et lumineuse de la ville de Manhattan. Le ciel y flamboie, brûlant l’architecture dans un contre-jour aussi évanescent que puissant. L’artiste joue de teintes chaudes, de jaunes, d’ocres, de terre brulées, d’oranges et d’ambres… pour mieux faire ressortir dans les bruns, les silhouettes des passants et les lignes fugaces des bâtiments.

Sa marque, les passages piétons… toujours entre deux rives, semblent flotter dans cette perspective lumineuse où la profondeur est une fenêtre ouverte sur l’énergie de cette ville !

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